Partir du rien, dans la quiétude, revenir à l’essentiel.

La Galerie Slika joue les prolongations et vous laisse accéder jusqu’au 15 avril 2017 à la présentation du ARO Copelini, avatar sculpté et dernier né des études de Steph Cop.
L’exposition vous permettra d’apprécier l’évolution de ARO (Analyse Réflexe Obsessionnelle) avec la présentation de 3 volumes différents correspondants à 3 périodes de recherches : Wooden ARO (145cm, 2013) dont la forme plus brute et arquée correspond à la première matérialisation du personnage, Asymptote (227cm, 2015) la forme « presque parfaite » selon l’artiste et enfin, Copelini (120cm, 2017) la forme allongée la plus proche de l’épure, également clef de voûte de la série Asymétria.

Steph Cop commence à s’intéresser aux volumes en 1998, depuis il construit et déconstruit cette forme géométrique qu’est ARO, cette incarnation de l’obsession et plus particulièrement de l’énergie, qu’il analyse et traduit qu’importe les supports (résine, vinyle, bois, béton). Le Morvan, ses histoires et ses terres peuplées d’arbres centenaires sont devenus son principal terrain d’étude. Dans la quiétude de son atelier, à l’orée des forêts qu’il parcourt depuis son arrivée, Steph Cop opère une thérapie par l’analyse en se confrontant à lui-même et à la nature qui l’entoure. De sa rencontre avec les arbres nait Wooden ARO.

Steph Cop connaît tout des arbres centenaires qui se sont éteints et dont il s’applique à extraire chaque ARO, il a pris le pris le temps de les observer, de les découvrir, il a appris à comprendre leur histoire et leur interaction avec leur environnement naturel, leur composition jusqu’à leur taux d’humidité. ARO est devenu un témoin, un hommage à cette matière organique travaillée avec respect pour en garder la nature et l’aspect. C’est le bois qui définit le caractère, le détail de ARO, armé de patience et tronçonnant avec minutie, Steph Cop le révèle.

« Moi ce que j’aime chez ARO c’est qu’il est imparfait, c’est absolument indispensable, ils se ressemblent tous mais sont différents. »

ARO autrefois figuration se mue en émotion, il ne représente personne, pas même Steph Cop. ARO n’est pas un choix, il s’impose à l’artiste presque malgré lui, au point de ne plus savoir lequel des deux influence l’autre. ARO est l’essence et son message semble se préciser aux yeux de son créateur, alors que les rapports d’équilibres dont résulte son évolution géométrique tendent de plus en plus vers la verticalité de l’arbre. Comme s’il se re/dressait peu à peu vers les cimes qu’il côtoyait autrefois.

« ARO continue son évolution. »

ARO est une recherche permanente, une œuvre évolutive et qui tend vers l’abstraction. Copelini est un repère de plus, une balise, dans cette démarche nourrie de doutes et de remises en question pour un retour à l’essentiel/à l’essence-même.

Le ARO Copelini 11/12 est accompagnée de sa réplique en béton éditée et produite par Black Messenger. Les 8 pièces originales en béton respectent avec précision non seulement les mesures et volumes mais également l’empreinte et le caractère du bois dont on retrouve toutes les aspérités jusqu’à l’écorce. La nature profonde de l’arbre comme emprisonnée sous le toucher froid du béton.

Histoire de vie et parallèles, Steph Cop et Black Messenger n’en sont pas à leur première collab réalisée autour de ARO, bien que le support béton soit inédit. As de l’expérimentation, les deux artistes qui partagent la même passion pour le travail de matières nobles brutes croisent leurs parcours au gré de leurs rencontres. C’est l’occasion qui crée le projet. Portés par une vision évolutive et constamment dans la prise de risques techniques, Steph Cop x Black Messenger mettent à profit minutie, patience et savoir faire acquis pour proposer des projets en commun nés d’une amitié construite dans l’action.

A travers cette exposition, Steph Cop nous laisse par ailleurs entrevoir la suite de ses projets et réflexions en présentant 30 croquis, travail de l’imaginaire et recherches de l’après Copelini. L’artiste explique que ce dernier sera à terme posé au sein d’un arboretum pour se laisser emprisonner entre les bouleaux, les charmes et les hêtres tortueux pour faire plus qu’un dans plusieurs années : l’arbre imaginaire.

SLIKA

37 Rue des Remparts d’Ainay

69002 LYON

Crédits photo P.Reichsrath

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